Sur le cliché de droite
nous obtenons la résolution impressionante pour de
l'argentique de 0,5" d'arc n'oubliez pas que nous ne
disposons que de 127 mm de diamètre

Mars nous
réserva également
une autre bonne surprise : pendant la conjonction de
l'été 2003,
l'infatigable SpcCb a réalisé une
série
de clichés (web cam) de la petite planète

et surtout


En Ciel Profond.
C'est une surprise : on voit des choses :)
Les objets brillants se révèleront assez facilement.
Les nébuleuses planétaires, comme la Lyre et
Dumbbell, n'auront pas trop de secret pour ce petit télescope,
Orion sous un ciel bien noir révélera même
ses filaments, Andromède est visible très facilement
malgré un manque évident
de détails, M51 sera faiblement visible, avec
peut de détail,
là aussi, les amas ouverts sont prodigieux et les
amas globulaires, bien que non résolus, offrent un
spectacle des plus intéressants.
Sur m13 par exmple : cet amas apparaît sous la forme
d'un disque gris dégradé du
centre vers le bord, il est cependant granuleux. Avec l'amis Tomat nous
avons réalisé une photo de cet amas fait avec
le tube dans des conditions de transparence épouvantable
: aucune étoile d'hercule ni même
de la lyre (éxeptée VEGA)
n'était visible.
le résultat est cependant sympathique

Je suis entrain de réfléchir a l'opportunité de
réaliser des clichés deep sky avec le Maksutov
127 en guidant avec le C9'1/4 . Bonjour les monstrueux
temps de pause

Laissons
au Photographe , SpcCb le soin de nous présenter
cet instrument pour une utilisation ARGENTIQUE
Le
Maksutov Cassegrain Skywatcher en utilisation planétaire
argentique
SpcCb
Avant
propos...
Ayant été agréablement surpris par la
qualité des images CCD [webcam] sorties de ce télescope
lors de notre [...] escapade en Creuse [MICA (premiere édition
[ndlr])], ce fut avec plaisir et grande curiosité que
j'acceptais la proposition de FrédoGoto pour l'héberger
pendant un week-end. [le scope, pas FrédoGoto]
J'allais pouvoir titiller un peu la bête...
Surtout que plus ça va, plus j'entends parler des astrophotographes argentiques "planétaires" comme étant
des dinosaures, ou une espèce en voie de disparition. Mmfff...
Enfin, étant
donné le coût d'un tel engin [très raisonnable],
je me disais que s'il y avait moyen de moyenner quelque chose
de potable avec, sans se ruiner [boîtier photo d'occasion
moyenâgeux _1980_ et une ou deux péloches pas
trop cracra _50F_], cela pourrait le faire, surtout en sachant
que tout le monde ne peut se permettre l'achat d'un nohesse
dernier cri ou d'un kit wèbcamme-pécéportable-alim-chargeur-cables-logiciels,
même si ce dernier se démocratise.

Considérations
techniques...
Aux
vues des objets de type planétaire
du moment, le choix s'en va logiquement vers la Lune [en
premier quartier moins un
chouia] et Jupiter [bien qu'un peu basse].
Le choix du film a été dicté par la luminosité des
objets et la demande de précision, soit Fuji Velvia [50asa] et Provia
100F, histoire de ne pas changer mon équipe qui gagne et parce que
c'est aussi ce que j'avais en stock au frigo.
Tout ce beau monde sera placé dans un boîtier SLR Canon A1
nu [sans winder] afin de ne pas charger le tube inutilement.
Au niveau des accessoires, entre le boîtier et le tube, j'ai, à discrétion,
tout le panel d'occulaires, barlow, etc., de FrédoGoto [coul :)] ainsi
qu'une bague T2 FD, un doubleur de focale "photo" 7KFC, 2 tubes allonges
Meade et un déclencheur souple.
L'optique
proprement dite est donc un télescope Mak SW
de 127 mm de diamètre et de 1500mm de focale de base, donnant
un f/D de base de 11.8 [arrondi à 10-1] qui sera placé sur
une monture Vixen GDPX mue par une DD1 afin de facilité le
suivi et de permettre des temps de pose à volonté sans
risque de flou de bougé.
Remarque: le système de fixation SW par une vis au pas Kodak ne me convenant
pas [risque de rotation et un peu "léger"] j'ai du bidouiller
avec de la visserie standard une adaptation sur une platine multi-usage Vixen
en prenant deux points de fixation. Le montage c'est ainsi révélé très
stable.
Et comme le déballage de matériel commençait à être
envahissant, je n'ai pas trop poussé en plantant ma tante dans mon jardin,
en région parisienne.

Premier
essai...
Premiers
problèmes...
En effet, au foyer de l'instrument un vignetage important
apparaît.
Certainement en raison de la bague de sortie du tube mais
celle-ci étant
soit indémontable, soit tellement serrée, que j'ai abandonné l'idée
de la retirer... Sous le risque d'endommager le tube ou la bague. Cela calme
tout de suite. Mais enfin, la Lune apparaîtra dans la zone non dégradée
avec 1.5m de focale.
Passons.
Après consultation des temps de pose optimums sur la Lune en fonction
du f/D [important] et de la sensibilité du film, j'entame donc une première
série de clichés qui me servirons comme base.
Développement le lendemain matin, et plouf, surprise.
Wouaaa, c'est sombre. Très sombre. Si sombre qu'on voit à peine
les clichés des temps de pose les plus importants.
Il y a quelque chose qui cloche.
Retour à la
maison, vérification du boîtier, tube, etc.
Rien, tout va bien.
Des tests dans le test s'imposent... lol
Je place le Mak sur un pied photo et sur un autre, un objectif photo [réfrateur
fluo de 110mm de diamètre] sur lequel j'ai amené l'ouverture à une
valeur comparable à celle du Mak, histoire de comparer ce que me donnait
la cellule sur un sujet uniforme et de luminosité constante [mur clair]
entre les deux optiques.
Et surprise! Après quelques calculs savants et méthodes empiriques,
la différence de luminosité entre le Mak et le réfracteur
est d'un facteur de 2.7 [arrondi à 10-1].
Notons que 2.7 est plus proche de 3 que de 2 et donc c'est par presque 3
qu'il faudra multiplier les temps de pose de référence.
Ceci explique le raté des premiers essais mais ne donne pas le "pourquoi".
Peut-être l'obstruction?... Certains seront plus à même que
moi de débattre sur cela puisqu'en tout état de cause, il y
a une raison.

Deuxième
essai...
Fort de mon nouveau facteur, je décide donc une deuxième soirée
photo. Toujours avec le même matériel, et toujours au même
endroit.
J'attaque de bonne heure [le ciel est encore un peu bleuté] afin de profiter
d'une turbulence de restitution moindre avec des séries de 5 clichés
[au lieu de 3 habituels]
pour
encadrer le nouveau temps de pose de référence
de +/- 1 et 2 diafs.
Je commence "facile" avec la Lune au foyer des
1500mm, sur Fuji Velvia
[50 ISO].
Nickel. Le vignetage n'empiéte pas sur le croissant bien centré et
la stabilité du montage est optimale.

Le
temps de pose idéal est très proche
du nouveau temps de pose de référence, la colorimétrie
est homogène et le piqué très correct.
Passons à un grossissement supérieur avec l'ajonction
du doubleur de focal 7KFC, toujours sur la Velvia:

Le
montage est toujours aussi stable [largement plus que si
j'avais utilisé une barlow 31.75] et le vignetage a
disparu.
La colorimétrie reste toujours aussi propre malgré le
décalage dans le bleu sur le terminateur car le ciel était
encore un peu clair.
La résolution est au rendez-vous [ça fait plaisir] et
de nombreux détails sont déjà bien visibles.
Je vous laisse imaginer ce que cela donne sur un tirage 30x45cm
de bonne
facture.
Notons aussi que ce quartier de Lune passe sans problème dans
cette position avec les 3m de focale résultante, alors que "normalement" la
focale maximale pour faire rentrer la Lune sur un film 24x36
se situe aux alentours de 2.7m.
Changeons de film [par un Provia 100F] pour ne pas trop prendre
de secondes de pose dans l'oeil et poussons un peu le test
en ajoutant
une barlow 2x Meade [version longue, la barbe, mais je n'ai
que cela sous la main] à la sortie du tube. Un peu de tirage entre la
barlow et le doubleur suffiront amplement à un cliché de
la partie Nord.
Le montage commence à battre un peu de l'aile en raison du bras
de levier [une vingtaine de centimètres] et du diamètre
des tubes; le moindre toucher sur le montage produit une vibration
très inconfortable pour la mise au point, surtout qu'à 6m
de focale résultante, c'est plus très très lumineux,
même dans un verre de visée "clair".
Mais je me lance:

Oops!
La jolie tâche bleue... Merci la barlow. Pourtant estampillée "APO" elle
induit un chromatisme bien marqué. Cependant, mis à part
le centre du cliché, l'image est de qualité acceptable à mon
goût et de nombreuses formations sont détaillables.
La chaîne des Alpes [au centre] sort de l'ombre, les murs
de la Mer de la Sérénité sortent pas mal [au
centre à droite], le cratère Bessel et même
Deseilligny sont résolus et de belles rainures sont observables
[en bas à droite].
Après cette mise en température, il est temps de
passer aux choses sérieuses.
Fini la barlow à pot, place à un occulaire de 18.5mm
[Zeiss, il me semble] pour projeter une image après deux
bagues allonges afin d'obtenir une focale résultante d'environ
12m [je ne suis pas à quelques centimètres près].
Là, le montage rebel défie les lois de la gravité et
il y a autant de longueur de tube optique que de tube à sa
sortie.
La mise au point est très fastidieuse et les temps de pose
se sont tellement envolés haut [16s au maximum] qu'il faut
passer à l'occultation manuelle [avec le cache du mak].
Un trou dans la turbulence et j'en profite pour faire une série
sur la partie basse de notre satellite:

cliquer
sur l'image pour la version agrandie
Le
gros cratère presque au centre [légèrement
en haut à gauche] est Maurolycus.
Au premier abord, en voyant ce cliché, je me suis dit que
la mise au point n'était pas si géniale que cela.
Cependant, après analyse, il semblerait que si. Voyez plutôt
ce recadrage grossi deux fois sur Maurolycus:
Outre la présence indéniable de chromatisme, on remarque
un petit cratère en haut à droite, sur la crête
du principal. Bien que je n'ai pas trouvé son nom, il apparaît
comme une formation de un arc seconde de diamètre depuis
mon lieu d'observation, sur Terre.
Et on peut sans nul doute observer des détails inférieurs
au diamètre de ce petit cratère.
Enfin, sachant que ce type d'optique à un pouvoir séparateur
théorique de l'ordre de l'arc seconde, on peut raisonnablement
penser qu'on atteint [voir dépasse légèrement]
le maximum de ses possibilités.

Un
petit tour sur Jupiter...
Malgré sa faible hauteur [moins de 20°] je profite de
quelques poses restantes et du montage en cours [avec une bonne
MAP] pour faire quelques clichés sur la planète du
soir.
Les temps de pose de référence sont toujours multipliés
par le facteur empirique et voici ce que j'ai obtenu avec un simple
compositage par addition [avec compensation des niveaux] de 3 clichés
réduits à 50% et recadrés:

La
colorimétrie est un peu étrange, mais certainement
du fait de la diffraction atmosphérique et les détails
sont plutôt "légers", à mon goût.
Cependant, de sensibles et délicates petits variations sont
visibles dans les bandes, et les parties des pôles offrent
des dissymétries intéressantes.
Bien entendu, cette image ne constitue pas une référence
de comparaison car les conditions
de prise de vue n'étaient
pas optimales, mais elle donne tout de même une bonne idée
de ce que l'on peut obtenir sur des planètes [...] avec
ce petit télescope.
Intéressant, n'est-il pas?...
[ndlr]
je me suis pemis de retouché un peu la photo ci dessus
afin de rétablir les couleurs naturelle sur l'image
ci dessous, on
se rend mieux compte de capacité de l'instrument.
Ne perdez pas de vue que nous sommes toujours en photographie
Argentique et que ceci n'est le resulta que d'une seule pause

Conclusions...
Malgré quelques impasses techniques;
- vignetage par occultation au foyer,
- mise au point pointue,
- luminosité lointainement en deçà de la
théorie optique,
- montages rebels pour atteindre de longues focales, ...
la photographie argentique planétaire reste intéressante
avec ce petit tube, facilement transportable, et je pense qu'avec
un peu de temps pour s'y faire et de bonnes conditions d'observation,
il est possible de sortir des clichés bien meilleurs
que ce que je viens de vous proposer.
Aussi, la voie du traitement numérique est toujours ouverte,
je pense à une méga-mosaïque ou à compositer
quelques clichés en vue d'un gain de résolution.

Notes photométriques...
Mis à part spécifications, toutes les photos présentées
ici le sont dans leur entièreté, sans compositage
ni retouche particulière autre qu'une compensation spectrale
correspondant au shifting intrasec du film, et un léger
filtrage d'accentuation [indice 2.1 maximum sous ps].

Logiciels utilisés...
ps
Iris [compositage sur Jupiter]
StaryNight
Atlas virtuel de la Lune

Remerciements...
Grand merci à FrédoGoto [frédéric
tapissier ndlr] pour le prêt
sans conditions de son matos
Spéciale dédicace [lol] à ma bien aimée
pour son aide et sa patience [oui, je sais, c'était
long].
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